L’âme se proportionne insensiblement aux objets qui l’occupent, et ce sont les grandes occasions qui font les grands hommes.
L’intelligence humaine a ses bornes : et non seulement un homme ne peut pas tout savoir, il ne peut pas même savoir en entier le peu que savent les autres hommes.
Comme le premier pas vers le bien est de ne point faire de mal, le premier pas vers le bonheur est de ne point faire souffrir.
La beauté s’use promptement par la possession ; au bout de six semaines, elle n’est plus rien pour le possesseur.
Les peuples ainsi que les hommes ne sont dociles que dans leur jeunesse, ils deviennent incorrigibles en vieillissant.
De quelle adresse une femme n’a-t-elle pas besoin pour faire qu’on lui dérobe ce qu’elle brûle d’accorder !
S’il faut obéir par la force on n’a pas besoin d’obéir par devoir et si l’on n’est plus forcé d’obéir on n’y est plus obligé.
Celui qui n’a rien désire peu de choses ; celui qui ne commande à personne a peu d’ambition. Mais le superflu éveille la convoitise : plus on obtient, plus on désire.
Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation ; c’est donc une entreprise aussi vaine que ridicule de vouloir les détruire.
La peine de mort infligée aux criminels peut être envisagée à peu près sous le même point de vue : c’est pour n’être pas la victime d’un assassin que l’on consent à mourir si on le devient.
Renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs.