Auteur : Christian Bobin
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L’enfant est à l’adulte ce que la fleur est au fruit. La fleur n’est pas certitude du fruit.
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Le travail c’est du temps transmué en argent, l’écriture c’est le même temps changé en or.
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le plus bel usage de cette vie c’est de n’en rien faire …
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Le mariage est encore la meilleure façon pour une femme de devenir invisible.
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Le mal, c’est ce à quoi je prends part. Le bien, c’est ce que je laisse venir.
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Le mal de la télévision, ce n’est pas dans la télévision qu’il est, c’est dans le monde.
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Le livre est la mère du lecteur.
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Le chagrin est une soupe au sel.
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Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles.
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Le bonheur c’est l’absence, c’est d’être enfin absente à soi, rendue à toutes choses alentour.
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L’autisme est un soleil inversé: ses rayons sont dirigés vers l’intérieur.
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L’angoisse suscite la beauté – comme la question réveille sa réponse.
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L’amour ne vient que par grâce et sans tenir aucun compte de ce que nous sommes.
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L’amour de soi est à l’amour de Dieu ce que le blé en herbe est au blé mûr.
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L’amour comme la mort simplifie. Le vrai nom de l’amour est la simplicité.
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l’amour – ce versant escarpé de la solitude.
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La voix claire d’aucun ennui: la poésie c’est suivre son coeur en allant à la fête.
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La vie ressemble à un film de Laurel et Hardy. Une chaîne de douleurs reçues et puis transmises.
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la vie est parfois grave, souvent légère – jamais sérieuse.
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La vérité tient sa lumière en elle-même, non dans celui qui la dit.
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la vérité n’est jamais si grande que dans l’humiliation de celui qui l’annonce.
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La vérité est sur la terre comme un miroir brisé dont chaque éclat reflète la totalité du ciel.
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La souffrance sécrète du noir, l’inconnu engendre la lumière.
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La rupture avec soi est le plus court chemin pour aller à soi.
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La nature est un livre qui est ouvert en permanence, et c’est le vent qui en tourne les pages.
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La musique, ce qu’elle est: respiration. Marée. Longue caresse d’une main de sable.
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la mort, cette extase du sommeil.
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La maladie est une réponse, une pauvre réponse que l’on invente à une souffrance.
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La beauté des mères dépasse infiniment la gloire de la nature.
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Je ne peux rien sur ma vie. Surtout pas la mener.
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je n’aime que cette musique que je n’ai plus besoin d’entendre …