Auteur : Emil Michel Cioran
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Chacun expie son premier instant.
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chacun engendre son propre ennemi.
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c’est la volonté de donner notre maximum qui nous porte aux excès et aux dérèglements.
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Ce n’est pas la peur d’entreprendre, c’est la peur de réussir, qui explique plus d’un échec.
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Ce climat d’asthme que créent les convictions …
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Après une bonne querelle, on se sent plus léger et plus généreux qu’avant.
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Après minuit commence la griserie des vérités pernicieuses.
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Aime à être ignoré.
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à quelques criminels près, tout le monde aspire à avoir une âme publique, une âme-affiche.
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Ce qui est tragique dans la vie des hommes, c’est moins leurs souffrances que leurs échecs.
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Ecrire est l’acte le moins ascétique qui soit.
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s’ engager dans n’importe quoi sans y adhérer.
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Plus on vit, moins il semble utile d’avoir vécu.
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Evolution : Prométhée, de nos jours, serait un député de l’opposition.
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Je rêve d’un confesseur idéal, à qui tout dire, tout avouer, je rêve d’un saint blasé.
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Toutes les propositions de logique disent cependant la même chose. A savoir rien.
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Toute pensée dérive d’une sensation contrariée.
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Toute forme de hâte, même vers le bien, traduit quelque dérangement mental.
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Si on ne s’estime pas investi d’une mission, exister est difficile ; agir, impossible.
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Si loin s’étend la mort, tant elle prend de place, que je ne sais plus où mourir.
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Si le proton avait la taille d’un grain de sable, le nuage d’électrons serait plus grand qu’un terrain de football.
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Si la mort n’avait que des côtés négatifs, mourir serait un acte impraticable.
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Seuls les esprits superficiels abordent une idée avec délicatesse.
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S’appesantir, s’expliquer, démontrer – autant de formes de vulgarité.
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Sans l’idée du suicide, je me serais tué depuis toujours.
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Rien ne saurait justifier le fait de vivre.
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Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.
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Nous ne devrions déranger nos amis que pour notre enterrement. Et encore !
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Nous avons perdu en naissant autant que nous perdrons en mourant. Tout.
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Notre caractère est déterminé par l’absence de certaines expériences plus encore que par celles que l’on fait.
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Nos dégoûts ? – Détours du dégoût de nous-mêmes.