Auteur : Emil Michel Cioran
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Nos défauts sont les yeux avec lesquels nous voyons l’idéal.
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Mes convictions sont des prétextes : de quel droit vous les imposerais-je?
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Malheur au livre qu’on peut lire sans s’interroger tout le temps sur l’auteur !
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L’ironie est la mort de la métaphysique.
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L’insomnie est la seule forme d’héroïsme au lit.
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L’inconscience est une patrie ; la conscience un exil.
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L’idée du suicide est l’idée la plus tonique qui soit.
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L’homme sécrète du désastre.
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L’homme est un animal surmené.
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L’homme est bien insensé. Il ne saurait forger un ciron (moustique) et forge des Dieux à douzaines.
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L’histoire des idées est l’histoire de la rancune des solitaires.
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L’essentiel n’a jamais exigé le moindre talent.
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L’amour et la concorde sont à l’évidence une réalité exceptionnelle.
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La musique, ce moyen d’expérimenter l’opus metaphysicum.
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La musique est le refuge des âmes ulcérées par le bonheur.
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L’espoir est une vertu d’esclaves.
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ce grand triste (en parlant du Diable) est un rebelle qui doute.
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Les opportunistes ont sauvé les peuples ; les héros les ont ruinés.
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Les obsessions sont les démons d’un monde sans foi.
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Les larmes ne sont chaudes que dans la solitude.
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Les doctrines passent – les anecdotes demeurent.
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Ce n’est pas la peine de se tuer puisqu’on se tue toujours trop tard.
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Le tact, vice terrien, préjugé des civilisations enracinées, instinct du protocole . . .
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Le spermatozoïde est le bandit à l’état pur.
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Le secret de l’Histoire, c’est le refus du salut.
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La nature humaine change peut tout en étant capable d’une plasticité extraordinaire à l’extérieur.
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Le plus grand exploit de ma vie c’est d’être encore en vie.
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Tout est douleur – la formule bouddhique, modernisée, donnerait: Tout est cauchemar.
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La peur est une mort de chaque instant.
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La vie inspire plus d’effroi que la mort : c’est elle qui est le grand inconnu.
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La gratitude est non seulement la plus grande des vertus, mais c’est également la mère de tous les autres.