Les hommes que les passions peuvent le plus émouvoir sont capables de goûter le plus de douceur en cette vie.
Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances.
On connaîtra bien qu’il est malaisé, en ne travaillant que sur les ouvrages d’autrui, de faire des choses fort accomplies.
Les passions sont toutes bonnes de leur nature et nous n’avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leurs excès.
J’ai toujours senti que l’état d’auteur n’était, ne pouvait être illustre et respectable qu’autant qu’il n’était pas un métier. Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès.
La feinte charité du riche n’est en lui qu’un luxe de plus ; il nourrit les pauvres comme des chiens et des chevaux.
L’argent qu’on possède est l’instrument de la liberté, celui qu’on pourchasse est celui de la servitude.
En n’asservissant les honnêtes femmes qu’à de tristes devoirs, on a banni du mariage tout ce qui pouvait le rendre agréable aux hommes.
L’espèce de bonheur qu’il me faut n’est pas tant de faire ce que je veux, que de ne pas faire ce que je ne veux pas.
Un homme ne doit jamais rougir d’avouer qu’il a tort ; car, en faisant cet aveu, il prouve qu’il est plus sage aujourd’hui qu’hier.
Les grands hommes ne s’abusent point sur leur supériorité; ils la voient, la sentent, et n’en sont pas moins modestes.
Quand un homme ne peut croire ce qu’il trouve absurde, ce n’est pas sa faute, c’est celle de sa raison.
Il n’est pas si facile qu’on pense de renoncer à la vertu ; elle tourmente longtemps ceux qui l’abandonnent.