Auteur : Jean-Jacques Rousseau
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Comme le premier pas vers le bien est de ne point faire de mal, le premier pas vers le bonheur est de ne point faire souffrir.
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Prévenir toujours les désirs n’est pas l’art de les contenter, mais de les éteindre.
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Vouloir le bonheur de sa femme, n’est-ce pas l’avoir obtenu ?
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Les seuls biens dont la privation coûte sont ceux auxquels on croit avoir droit.
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La beauté s’use promptement par la possession ; au bout de six semaines, elle n’est plus rien pour le possesseur.
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On a fait l’Amour aveugle, parce qu’il a de meilleurs yeux que nous.
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Un des premiers soins des enfants est de découvrir le faible de ceux qui les gouvernent.
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Qui veut conserver sa vie aux dépens des autres doit la donner aussi pour eux quand il le faut.
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Moins un culte est raisonnable, plus on cherche à l’établir par la force.
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Ce sont les petites précautions qui conservent les grandes vertus.
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Les peuples ainsi que les hommes ne sont dociles que dans leur jeunesse, ils deviennent incorrigibles en vieillissant.
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C’est surtout dans la solitude qu’on sent l’avantage de vivre avec quelqu’un qui sait penser.
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De quelle adresse une femme n’a-t-elle pas besoin pour faire qu’on lui dérobe ce qu’elle brûle d’accorder !
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Le remords s’endort devant un destin prospère, et s’aigrit dans l’adversité.
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Il ne faut point refuser pour refuser, mais pour faire valoir ce qu’on accorde.
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S’il faut obéir par la force on n’a pas besoin d’obéir par devoir et si l’on n’est plus forcé d’obéir on n’y est plus obligé.
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Celui qui n’a rien désire peu de choses ; celui qui ne commande à personne a peu d’ambition. Mais le superflu éveille la convoitise : plus on obtient, plus on désire.
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Les hommes à qui l’on parle ne sont point ceux avec qui l’on converse.
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Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation ; c’est donc une entreprise aussi vaine que ridicule de vouloir les détruire.
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La peine de mort infligée aux criminels peut être envisagée à peu près sous le même point de vue : c’est pour n’être pas la victime d’un assassin que l’on consent à mourir si on le devient.
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De lui-même le peuple veut toujours le bien ; mais, de lui-même, il ne le voit pas toujours.
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Même dans le mariage, le plaisir n’est légitime que quand le désir est partagé.
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Renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs.
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Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon.
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N’étant pas capable de jugement les enfants n’ont point de véritable mémoire.
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L’art d’assaisonner les plaisirs n’est que celui d’en être avare.
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La véritable politesse consiste à marquer de la bienveillance aux hommes ; elle se montre sans peine quand on en a.
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Qu’est-il besoin d’aller chercher l’enfer dans l’autre vie ? Il est dès celle-ci dans le coeur des méchants.
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Un homme gai n’est souvent qu’un infortuné, qui cherche à donner le change aux autres, et à s’étourdir lui-même.
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Nous naissons, pour ainsi dire, en deux fois : l’une pour exister, et l’autre pour vivre ; l’une pour l’espèce et l’autre pour le sexe.
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Tout métier utile au public n’est-il pas honnête ?