Auteur : Pierre Corneille
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Et quiconque se plaint cherche à se consoler.
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Et le moindre moment d’un bonheur souhaité – Vaut mieux qu’une si froide et vaine éternité.
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Et la mort ou l’exil ou les abaissements – Seront pour vous et moi ses vrais remercîments.
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Et du premier revers la fortune l’abat.
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Et dans les doux torrents d’une allégresse entière – Tu verras s’abîmer tes maux les plus amers.
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Et ces esprits légers, approchant des abois, – Pourraient bien se dédire une seconde fois.
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Elle lui gagnerait le coeur d’un prince libéral, – Et de tous ses trésors l’abandon général.
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Disposez de sa main, et pour première loi, Madame, ordonnez-lui d’abaisser l’œil sur moi.
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Et le combat cessa, faute de combattants.
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A moi, Comte, deux mots.
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A l’une ou l’autre enfin votre âme à l’abandon – Ne lui pourra jamais refuser ce pardon.
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A les défendre mal je les aurais trahis.
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A force d’être juste, on est souvent coupable.
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A de plus hauts partis Rodrigue doit prétendre.
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Mais que sert le mérite où manque la fortune ?
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Qui peut tout doit tout craindre.
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Unissons ma vengeance à votre politique – Pour sauver des abois toute la république.
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Un véritable roi n’est ni mari ni père.
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Un menteur est toujours prodigue de serments.
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De quoi peut satisfaire un cœur si généreux – Le sang abject et vil de ces deux malheureux?
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De moment en moment son âme plus humaine – Abaisse sa colère et rabat de sa haine.
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Conserver un rival dont vous êtes jaloux, c’est un trait de vertu qui n’appartient qu’à vous …
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Cinna, tu t’en souviens, et veux m’assassiner.
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Chimène à vos genoux apporte sa douleur; elle vient toute en pleurs vous demander justice.
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Chaque moment d’attente ôte de notre prix, – Et fille qui vieillit tombe dans le mépris.
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Ce monarque étonné à ses frayeurs déjà s’était abandonné.
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Ce coeur impitoyable à ma perte s’obstine, et dit qu’il m’aime encore alors qu’il m’assassine.
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Assez d’autres états lui prêteront asile.
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Apaisez donc sa crainte, et calmez la douleur dont son âme est atteinte.
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Amour, sur ma vertu prends un peu moins d’empire !
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Ah ! pour être Romain, je n’en suis pas moins homme.